ADG “Schizophrenic Conversations”

Pochette et packaging du premier album solo du chanteur multi-instrumentiste français ADG.

ADG (à prononcer « Edge ») est un de mes plus vieux amis. On a joué de la musique ensemble, parlé d’art, s’est échangé des CD de Tool et Incubus dans la cour du collège, avant que je devienne designer et qu’il s’embarque dans la carrière musicale qui lui était destinée. Chanteur d’exception, il a monté des tonnes de projets et tourné avec une multitude de groupes, de styles et d’envergures toujours différents.

En 2016, il vient me voir pour me confier la pochette de son nouvel album. Il s’agit d’une série de compositions Irish-Folk, qu’il produit sur scène avec un guitariste et une seconde chanteuse. Mais tandis que le projet stagne, ADG songe à se lancer dans une création 100 % solo. Multi-instrumentiste autodidacte, auteur méticuleux, il me fait écouter ses works in progress lors d’un rendez-vous à son studio : une vingtaine de compositions en cours, qui marient élégamment les influences qui lui sont chères avec une production pop à toute épreuve. Il souhaite faire évoluer le projet vers un album bipolaire où cohabiterait la nostalgie acoustique du folk avec les synthés électriques de la pop : les fameuses « Schizophrenic Conversations ».

Ce projet de longue haleine s’est accompli grâce à un travail au corps-à-corps avec sa maison de production NB Records. C’est d’abord un single rock, Far From You, sorti en octobre 2017, dont je fais la pochette, un portrait multicolore du chanteur peint au couteau. Puis un remix électro du même morceau, pour lequel je réalise une lyrics video, sortie en novembre 2017. Enfin, en juin 2018, ADG crève l’écran avec son deuxième single, Rockstar. Les trois morceaux ainsi que leurs clips sont largement diffusés en radio ainsi que sur M6, C Star et MTV France.

Durant l’été 2018, ADG et son équipe peaufinent inlassablement les autres morceaux en studio, tandis que de mon côté, je prépare la créa pour la pochette de l’album. L’idée est de rester dans la continuité du premier single avec un travail à la peinture, qui évoque l’héritage artistique que le chanteur s’efforce de cristalliser dans sa musique. Mais nous décidons de le pousser encore plus loin, en peignant directement son visage, de manière à lui donner l’apparence d’une statue. Durant un shooting réalisé par Laurent Rebelle, nous explorons plusieurs pistes. Avec l’aide de la maquilleuse Virginie Roblin, j’expérimente différents effets de peinture, différents coloris, tous shootés les uns après les autres.

Rapidement, nous fixons la charte qui sera la plus efficace : peinture blanche, portrait de trois-quarts, épaules en contrapposto, regard dans le vague, mi-sculptural mi-rêveur.

Nous suivons cette trame graphique autour de la peinture blanche dans tout le packaging, jusque dans les caractères typographiques, que j’ai dessinés un par un à la main. Chaque lettre est différente, il n’y a jamais deux fois le même « A », deux fois le même « E », on ne peaufine pas trop, on conserve des imperfections non désirées : le but est de produire un objet le plus authentique possible. À l’intérieur du digipack, je décide de créer un effet de surprise en opposant au gris polaire de la pochette un noir profond. L’idée générale est celle d’un boîtier schizophrénique : extérieur positif, intérieur négatif.

L’album, sorti le 11 janvier 2019, est désormais en vente dans les Fnac, Cultura et les centres culturels Leclerc, et en stream sur Spotify, Deezer, Apple Music ainsi que sur YouTube où il comptabilise déjà plus de 300 000 vues.

© Sébastien Sechinffon