Rétrorama

Communication de la grande soirée rétro du cinéma le Katorza, à Nantes.

Lieu iconique de la Nouvelle Vague, le Katorza a su rester un repère important de la vie nantaise grâce à ses soirées à thèmes : l’absurde-séance, Ciné-pride, le festival du cinéma espagnol, le festival Univerciné italien, le festival des 3 continents, les goûters de l’écran, et Rétrorama, où l’on revit une séance de cinéma à l’ancienne, autour d’un vieux film, avec ouvreuses, publicités et actualités d’époque et souvent quelques surprises.

Cette année-là, c’est 1966 qui est à l’honneur avec le film Fahrenheit 451 de François Truffaut, tiré du livre de Ray Bradbury. Il décrit une société où il est formellement interdit de lire. Les lecteurs y sont traqués, les livres brûlés. Après un visionnage du film sous toutes les coutures, nous avons isolé une image qui, à nos yeux, en résumait bien l’esprit : lors d’une perquisition chez un lecteur clandestin, la milice fouille son appartement où il a fait preuve d’une grande inventivité pour dissimuler les livres. Dans des meubles à double-fond, dans un grille-pain, et dans un poste de télévision avec un faux écran. Cette image de la télévision avec des livres rangés dedans nous a fasciné car elle ne résume pas uniquement le film mais le cinéma en général : un écran, mais qui contient de la culture.

Une gamme de quatre flyers s’est ajoutée à l’affiche. Nous y exploitons l’idée d’une société de masse conforme dans laquelle il faut chercher un intrus, à travers un jeu de motifs répétitifs issus de l’imagerie du film : les formulaires à cocher pour signaler une individualité réfractaire, les coupes de cheveux qui ne trompent pas : garçons à cheveux longs et filles à cheveux courts, et bien sûr le tandem télé/livre.

Le texte présent sur les flyers s’inspire des publicités des années 60, où l’on s’adressait directement au consommateur dans une longue tirade à la fois très lourde et très courtoise.

Les couleurs se veulent conformes à l’idée rétro du futur qui est dépeinte dans l’œuvre, tout en exploitant un nuancier dérivé du feu, élément graphique central du film.

L’affiche a été tirée en sérigraphie à 80 exemplaires, vendus lors de l’événement.